Jenlain
La mémoire de la commune
Jenlain est une commune française, située dans le département du Nord en région Hauts-de-France. Elle a donné son nom à la bière Jenlain.
Au fil de l’histoire
Dans la période féodale, la seigneurie hautaine de Jenlain était un arrière-fief de la seigneurie hautaine de l'Ausnoit (Aulnoy-lez-Valenciennes), et possédait à son tour un des trois fiefs de la terre de Bruay (Bruay-sur-l'Escaut).
Au XVIe siècle, Michel Herlin Ier est seigneur de Jenlain de même que son fils Michel Herlin II, gouverneur de Valenciennes. Le père et le fils ont participé à la révolte de la ville de Valenciennes contre le roi d'Espagne (Révolte des Gueux), fin 1566-début 1567. à la suite de la répression menée par l'Espagne, les deux ont été décapités en juin 1567. Michel Herlin II a pris pour épouse Barbe Petitpas, dame de Quesnoi ( sans doute fief sur Wasquehal), fille de Guillaume Petitpas, bourgeois de Lille, acquéreur de nombreux fiefs autour de Lille (à Gondecourt, Lesquin, Wasquehal, Roubaix,...) et de Jeanne Segon.
Frédéric Herlin est seigneur de Jenlain au début du XVIIe siècle. Fils de Michel II, il devient bourgeois de Lille par achat le 6 novembre 1598. Il épouse après 1598 Péronne Petitpas, fille de Germain, seigneur de Warcoing, bourgeois de Lille, receveur des Bonnes Filles (orphelinat de filles sur Lille) et de Françoise le Cambre (Péronne est la nièce de Barbe ci-dessus). Veuve, Péronne se remarie avec Robert de Bus, écuyer, seigneur de Fresnel, de Breuze, licencié-es-lois, bourgeois de Lille le 14 septembre 1604.
Jenlain a vu souvent passer des troupes armées.
En 1712, pendant la guerre de Succession d'Espagne, l'armée française aménagea un retranchement dans la forêt de Mormal à Jenlain. Au début de la révolution, le général Neyrode, avec une partie de la garnison du Quesnoy, attaqua Jenlain.
Le 17 mai 1792 eut lieu le combat de Jalin (orthographe des ouvrages citant ce combat) entre les troupes républicaines du maréchal de Rochambeau et les troupes autrichiennes qui permit aux Français de reprendre Bavay.
En 1815, une compagnie de chasseurs Frisons des Pays-Bas passe à Jenlain. Un soldat succombe de fatigue et est enterré dans le cimetière de Jenlain. Le cimetière de Jenlain a été déplacé en 1890, et on ne trouve plus trace de sa tombe.
En 1890, Jenlain possède une fabrique de chicorée, une teinturerie, 3 moulins à eau et 4 brasseries.
Le nouveau cimetière communal de Jenlain garde aussi, avec 18 tombes de guerre de la Commonwealth War Graves Commission, le souvenir des soldats tombés pendant la Première Guerre mondiale au moment de la libération du village en novembre 1918.
Les origines du nom
Jenlain, Gentlinium en latin, est dans un acte de 885 nommé en tant que possession de l'église de Cambrai. Un autel est mentionné en 1148 et une église en 1181.
Un patrimoine à découvrir
L'église Saint-Martin, de 1752 et 1865.
Le Calvaire route nationale.
Le Château d'en Haut et la ferme d'en Haut, inscrit partiellement à l'ISMH. Le bâtiment principal est du XVIIIe siècle. La grange est la partie la plus ancienne (1701). Le pigeonnier-porche est daté de 1772.
La Brasserie Duyck ; elle produit de la bière de garde depuis 1922, la Jenlain. Celle-ci a pris le nom du village en 1968. Il y avait deux brasseries à Jenlain : Duyck, mais aussi Pannaville. La présence de ces brasseries était due à l'existence de sources dont l'eau est bonne et pure. Une de ces sources a été bouchée lors de la construction de la voie expresse reliant Valenciennes à Maubeuge.
Le cimetière de Jenlain héberge une vingtaine de tombes de la Commonwealth War Graves Commission de soldats morts à la libération du village dans la première semaine de novembre 1918.
Des vies liées à la commune
L'Histoire généalogique des Païs-Bas, ou Histoire de Cambray et du Cambresis, livre de 1664 signale un acte de 1196 qui mentionne un Simon de Jenlain. Geoffroi de Villehardouin rapporte que son frère Nicolas de Jenlain sauva la vie à Jacques II d'Avesnes pendant la prise de Constantinople en 1203, à l'attaque de la Tour de Galatha.
Un autre seigneur de Jenlain était Jean de Mauny, dit le Borgne de Mauny, qui épousa Jeanne de Jenlain. La demeure de ce Jean de Mauny seigneur de Jenlain fut brulée en 1319, parce qu'il avait dérogé aux droits du comte du Hainaut. Son fils Gauthier de Mauny (Walter Manny), sire de Jenlain, est bien connu grâce aux Chroniques de Froissart.
Le paysage et le village
Commune française se situant dans le département du Nord entre Valenciennes (10 kilomètres) et Le Quesnoy (6 kilomètres).
La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par l'Aunelle, le ruisseau la Petite aunelle et un autre petit cours d'eau.
L'Aunelle, d'une longueur de 27 km, prend sa source dans la commune de Locquignol et se jette dans l'Hogneau à la frontière franco-belge en face de Quiévrain et Hensies.
Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Escaut ». Ce document de planification concerne un territoire de 2 005 km2 de superficie, délimité par le bassin versant de l'Escaut. Le périmètre a été arrêté le 9 juin 2006 et le SAGE proprement dit a été approuvé le 13 juillet 2021.


